« Non une échappée de l’ici vers l’ailleurs mais au contraire une convergence quasi magique de tout ailleurs vers l’ici.
(…)
Cette convergence entrevue par Nerval à la fin de sa vie, définit l’état de grâce. » Clément Rosset, Le Réel et son double

 

 

RONDEUR DES JOURS
exposition en cours

Quartier rouge 17 septembre- 13 octobre 2026
52  rue de Bagnolet 75020 Paris
vernissage mercredi 17 septembre 19h30 – 23h

« Quand je danse, je danse, quand je dors, je dors » *

« Les jours commencent et finissent dans une heure trouble de la nuit. Ils n’ont pas la forme longue, cette forme des choses qui vont vers des buts : la flèche, la route, la course de l’homme. Ils ont la forme ronde, cette forme des choses éternelles et statiques : le soleil, le monde.
(…)
Je suis couché et je dors.
(…)
Comment le jour entre-t-il en moi ? Dans le moment de cette heure trouble où le jour est né, moi-même endormi, ai été clarifié ; les rêves se sont enfuis comme le vent des arbres et le sommeil s’est déposé lentement dans les vallées de mon corps.
(…)
Tout ce qui émerge du sommeil en moi prend vie et chante.
(…)
Le monde est là ; j’en fais partie. Je n’ai d’autre but que de le comprendre et de le goûter avec mes sens »
Jean Giono, « La Rondeur des jours »

  • Montaigne, Essais
« Rondeur des jours..? »
par Gabrielle Jeru

Photographies de Catherine Peillon

Il y a des choses que l’on regarde tous les jours sans vraiment
les voir : une pomme, un ventre, une colline, un œuf, un oignon,
un arbre, un soleil, une fleur qui fane.
Et puis un jour, on les met côte à côte et on se dit : tiens…
tout ça se ressemble un peu.
C’est ce que j’aime dans les photos de Catherine Peillon.

Les formes se répondent. Un paysage ressemble à un corps,
une écorce à une peau, un fruit charnu.
Chacun y verra ce qu’il verra.
Et c’est justement là que ça devient amusant.

Dans « Rondeur des jours », il y a bien sûr le corps, le féminin,
le ventre, la naissance. Mais pas seulement.
Il y a ce qui pousse, ce que l’on mange, ce que l’on désire,
ce qui vieillit, ce qui fane. Il y a du doux, du charnel,
du drôle et parfois quelque chose d’un peu plus étrange.

Même un poulpe s’est invité dans l’histoire. Et finalement,
il n’est pas si hors sujet que ça.
Parce que la rondeur est partout, dans nos corps, dans les paysages,
dans le ciel… et parfois là où on ne l’attendait vraiment pas.
Ces photographies parlent surtout, pour moi, du vivant
et du temps qui passe.
Ça pousse, ça gonfle, ça mûrit, ça se ride,
ça se défait… et ça renaît, ça recommence.
Un peu comme nous, finalement.

Et peut-être qu’il n’y a rien de plus compliqué à comprendre.

Le monde est là.
J’en fas partie.

Et manifestement, il n’a pas fini de tourner rond.